SOPHIE GRAVAUD
1983 - 2007, 23 ans
- 1m61, 53Kg
- Brune
- Yeux marrons
- Cheveux mi-long.
Toute les informations sur Sophie et l'enquête ainsi que tous vos soutiens !
Sophie, on ne te lachera pas, on ne t'oubliera pas !!! Tu nous manques ! |
Contacter l'auteur de ce blog
Sommaire
| CALENDRIER |
| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim | | | | | | | 01 | | 02 | 03 | 04 | 05 | 06 | 07 | 08 | | 09 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | | 30 | | | | | | | << Novembre >> |
Ajouter rendezsophiegravaud à vos favoris
|
|
|
| Un homme de 48 ans, Ramiz Iseni, a reconnu avoir tué Sophie Gravaud le 7 avril 2007. Il aurait tenté de voler le sac à main de la jeune vendeuse de prêt-à-porter sur le parking du centre commercial à son lieu de travail et l'aurait ensuite forcée à monter à bord de son véhicule. Sophie a été étranglée et peut-être violée avant de mourir.
Dans le salon de cette maison de Treillières, le village de Loire-Atlantique où je me trouve aujourd'hui, un grand portrait orne tout un pan de mur. Le portrait d'une jeune femme au large et beau sourire, aux yeux pétillants de vivacité, et dont le chemisier orange vif illumine la pièce d'une sorte de joie de vivre…
Hélas, cette jeune femme, Sophie Gravaud, n'est plus de ce monde. Elle a été tuée, dans des circonstances révoltantes, le 7 avril 2007. Pour sa mère Martine, pour son beau-père Rémi Rolland, cette grande photo est une manière de garder Sophie auprès d'eux, de faire comme si elle était toujours là.
Leur souffrance est infinie
A l'approche du procès de meurtrier présumé, Ramiz Iseni, prévu pour le 27 avril prochain, Martine et Rémi ont accepté de me recevoir. Les yeux embués, les traits tirés, assis côte à côte dans leur canapé beige, se tenant main dans la main comme pour se donner du courage, ils évoquent le malheur qui les a frappés, et leur souffrance qui n'en finit pas….
Le Nouveau Détective : Sophie a été inhumé il y a deux ans presque jour pour jour le 18 avril 2007… Quel souvenir gardez-vous de ce moment terrible ?
Martine : Pendant toute cette période, j'étais perdue…. J'avais beaucoup de mal à m'occuper des préparatifs, alors mes proches ont pris les choses en main. Ils venaient chaque jour nous aider. Le curé lui aussi s'est déplacé, il est venu ici, chez nous… Et nos voisins, même ceux qu'on connaissait à peine. Il y a eu une vraie solidarité dans tout le quartier. Et pour l'enterrement, il y avait tellement de monde ! Plus de mille personnes. Mais un jour pareil, on ne se rend pas vraiment compte de ce qui se passe. Pour moi, c'est en voyant le cercueil de Sophie que j'ai compris que je ne la reverrais plus. Après la cérémonie, beaucoup de gens, de la famille, des amis, des copines de Sophie sont venus passer la soirée à la maison. Il faisait très beau ce soir-là, on a dîné dans le jardin. Les gens sont restés tard pour ne pas nous laisser seuls.
LND : Puis vous vous êtes retrouvés tous les deus dans cette maison…
Martine : Oui…. normalement Sophie devait déménager quatre mois plus tard, en septembre, pour habiter avec son petit ami, Régis. Elle préparait son départ. Dans le grenier, elle avait rassemblé ce qu'il lui fallait pour sa nouvelle vie, de la vaisselle, un grille-pain, un fer à repasser… Après sa mort, en rangeant sa chambre, je suis tombée sur des papiers. Il y avait une liste de tout ce qui restait à acheter pour vivre avec Régis. Il y avait aussi une liste de prénoms, ceux qu'elle voulait donner Aux enfants qu'elle aurait eus. Ca fait mal de voir ça… Le samedi matin, le jour même de sa disparition, elle m'a parlé de sa vie avec Régis. Et elle m'a dit avec un grand sourire : « Maman, avant la fin 2008, on te fera un bébé… ». C'était la dernière fois que je la voyais. (Martine ne peut plus retenir ses larmes).
LND : Continuez-vous de voir Régis, depuis le drame ?
Martine : On s'envoie des petits textos de temps à autre… On s'appelle aussi, mais plus rarement. Ca lui a fait un tel choc…
Rémi : Régis était avec nous pendant toute cette semaine d'attente, jusqu'à ce qu'on découvre le corps… C'étaient des journées très dures. Le téléphone n'arrêtait pas de sonner. On a même reçu un coup de fil de menaces, deux jours avant l'enterrement de Sophie ! Un type avec un accent d'Europe de l'Est m'a dit : « Qu'est-ce qui vous autorise à parler de la peine de mort ? ». Il avait dû m'entendre à la télévision, où je n'avais pas mâché mes mots. On n'a jamais su qui était ce type. Sans doute un proche de Ramiz Iseni…
LND : Qu'avez-vous fait après l'enterrement ? Comment réapprend-on à vivre après un tel drame ?
Martine : C'était difficile. Je n'arrêtais pas de me dire : « Pourquoi, pourquoi ? ». (…) Le drame de ma fille, ça a été d'être mignonne, de plaire aux hommes. C'est ça qui l'a perdue.
Rémi: On a demandé une dérogation à la mairie pour pouvoir faire inscrire une phrase sur sa pierre tombale : « J'étais heureuse. Le 7 avril 2007, un monstre l'a ôté la vie ».
LND : Comment vivez-vous aujourd'hui sans Sophie ?
Martine : Ce qui nous manque le plus, c'est sa bonne humeur, cette manière qu'elle avait de me dire bonjour en me lançant : « Coucou, ma bilou ! ». C'est le soleil qu'elle avait dans la voix. Quand elle revenait à la maison, c'était le tourbillon, elle allait dans sa chambre, elle mettait de la musique. Et puis, elle amenait des copines. Ca faisait de l'animation…
Rémi : Je me rappelle du jour où elle a signé son CDI ; Ce soir-là, elle est arrivée avec une bouteille de champagne. Elle était folle de joie. Pauvre petite mère…
LND : Qu'avez-vous fait de sa chambre ?
Martine : Nous n'avons rien changé. Je ne peux rien enlever, ce serait trop dur.
Rémi : Nous avons gardé son chien aussi, un petit épagneul tibétain. Sophie avait sa façon à elle de l'appeler en criant « Chouupinnnettte ! », d'une voix très aiguë… Martine l'imite parfois. Mais le chien se met à hurler à la mort. On a l'impression que ça lui rappelle Sophie… Il a compris lui aussi qu'il ne la reverrait plus.
LND : J'ai vu en arrivant que le cimetière de Treillières est tout proche…
Martine : Oui, il est au bout de la rue, à une centaine de mètres. Rémi y va deux fois par semaine. Moi j'y vais tous les jours en rentrant du travail. Souvent avec le chien. Mais c'est bizarre, quand on s'approche de la tombe de Sophie, il se plante les pattes dans le sable, il ne veut pas avancer… Je crois que c'est l'instinct…
LND : En juillet 2007, soit quatre mois après la disparition de Sophie, vous vous êtes mariés, Rémi et vous. La chose était prévue de longue date, mais vous n'avez pas eu envie d'annuler, vu les circonstances ?
Martine : Non, ça n'aurait pas plu à Sophie. Ce mariage, c'était très important pour elle. C'est même elle qui avait fixé le plan de table. Alors on a maintenu… Par moments, pendant le repas de noces, j'étais obligée d'aller dans la salle de bains pour pleurer. Les amis de Sophie étaient très émus, eux aussi…
A l'évocation de cette scène, les larmes se remettent à couler sur le visage de Martine qui ajoute :
Ca s'est bien passé malgré tout. Les gens ont évité de parler de Sophie. Le plus terrible, ça a été le matin, devant le maire… J'aurais dû avoir deux témoins, mes deux filles, Céline et Sophie. Il n'y avait plus que Céline…
LND : Votre mariage vous a-t-il aidé à mieux supporter la douleur du deuil ?
Rémi : La vie continue, mais mal… Il y a toujours un poids, qui ne s'en va jamais. Peut-être qu'au fil des années, cela va cicatriser.
Martine : Non, ça ne cicatrisera jamais…
LND : Ces deux dernières années, la vie a repris ses droits, vous avez vécu des évènements heureux…
Martine : Oui, il n'y a pas eu que des drames, heureusement. En mars 2008, il y eu la naissance de Dylan, mon petit-fils, le fils de ma grande fille Céline. Il est adorable, c'est un vrai bonheur. Il y a eu aussi le mariage de Céline, cinq mois plus tard. Mais là encore, on pensait fort à Sophie. A la fin de la cérémonie, à l'église, Céline a pris le micro pour dire un petit mot, en hommage à sa sœur. C'était très émouvant… Depuis le drame, l'ambiance dans la famille a changé. On s'est beaucoup rapprochés les uns des autres. On se téléphone davantage, on se réunit plus. Quand une personne manque, on s'aperçoit que c'est important de vivre le moment présent, avec tous ceux qui sont là…
LND : Et les amis de Sophie restent-ils présents ?
Rémi : Oui. Un de ses amis a organisé une marche à Nantes, qui a rassemblé plus de 4000 personnes. C'est également lui qui a créé l'association « le combat de Sophie », dont nous faisons bien sûr partie… Le but, c'est d'améliorer la sécurité dans les lieux publics. On a appris pendant l'enquête, que la moitié des caméras de surveillance du centre commercial ne fonctionnaient pas le jour où Sophie a été enlevée…
LND : A la fin du mois, le meurtrier présumé de votre fille, Ramiz Iseni, sera jugé aux assises de Nantes. Vous êtes-vous préparés à ce procès ?
Martine : Oui. Je sais que je vais être bouleversée au moment de témoigner, et j'ai peur aussi d'oublier quelque chose. Alors j'ai rédigé un texte pour dire qui était Sophie…
Rémi : Je voulais m'adresser directement à Iseni, pendant l'audience, mais nos avocats me l'ont déconseillé. (…) En plus, apparemment Iseni va demander la présence d'un interprète. Un homme qui vit en France depuis 1991, qui a su obtenir une pension d'invalidité, qui a su faire avouer son code de carte bleue à Sophie avant de la tuer… Et qui allait régulièrement au casino ! Et on voudrait nous faire croire qu'il ne comprend pas le français ?
LND : Quel genre d'individu vous attendez-vous à voir au procès ?
Rémi : Une petite frappe, un pauvre type. Petit par la taille, mais sans doute la plus grande ordure que la terre ait portée. (…) Si on me laissait faire… C'est triste de parler comme ça, mais il a fait souffrir Sophie durant deux heures. On ne pardonne pas à un type pareil, même s'il présente des excuses à genoux…
LND : Qu'espérez-vous de la justice ?
Martine : Que Ramiz Iseni soit jugé. Ma plus grande crainte c'est qu'il fasse appel. Je n'aurais pas la force d'assister à un nouveau procès. (…) Il a aussi tué tous ses projets, il lui a retiré la joie du mariage, de la maternité… C'est impardonnable ce qu'il a fait.
LND : Et après le procès ?
Rémi : Nous allons partir en vacances. C'est déjà prévu… Nous irons à Perros-Guirec, en Bretagne, pour voir la mer et marcher. Et pour essayer d'oublier un peu, en changeant d'air…
Une enquête de Bruno Ledion pour Le Nouveau Détective - le 22 avril 2009
|
|
|
|
|
|
|
|
Ramiz Iseni, accusé du meurtre de Sophie Gravaud, jeune Nantaise de 23 ans dont le corps avait été retrouvé en avril 2007 près de Nantes six jours après sa disparition, comparaîtra du 27 au 30 avril devant la cour d'assises de Loire-Atlantique pour enlèvement et séquestration suivis de mort.
M. Iseni, Bosniaque de 48 ans arrivé en France en 1991, avait rapidement été confondu dans cette affaire par des preuves scientifiques et par les révélations de sa femme Bukurija Iseni. Après deux mois de détention il avait fini par avouer les faits.
Il a expliqué avoir choisi sa victime le 7 avril 2007 au soir, au hasard sur le parking d'un centre commercial de Saint-Herblain (ouest de Nantes) où travaillait la jeune femme.
Il avait tenté de lui voler son sac mais la jeune femme avait résisté. Il l'avait alors fait entrer de force dans son véhicule où il l'avait ligotée.
Plus tard dans la nuit il s'était arrêté à proximité de la route Nantes-Pornic et avait tenté de violer la jeune femme mais elle s'était débattue. Il l'avait alors étranglée, avant de se débarrasser du corps sur place et des vêtements quelques kilomètres plus loin.
Il était ensuite revenu sur les lieux de l'enlèvement pour incendier la voiture de sa victime, avant de disparaître.
Identifié notamment grâce à un paiement effectué dans une station-service avec la carte bancaire de Sophie Gravaud, il avait été retrouvé et interpellé le 11 avril près de Lyon.
L'affaire avait suscité une vive émotion à Nantes, où 4.000 personnes, selon la police, avaient manifesté le lendemain de la découverte du corps de la jeune femme.
L'épouse de Ramiz Iseni, Bukurija Iseni, 41 ans, mise en examen au début dans cette affaire pour complicité d'enlèvement et séquestration suivie de mort, a finalement obtenu un non lieu pour ces faits mais a été renvoyée en correctionnelle pour l'utilisation de la carte bancaire de la victime.
Elle comparaîtra en tant que témoin lors du procès de son mari.
Ramiz Iseni comparaîtra aussi lors de ce procès pour viol et tentative d'agression sexuelle sur une mineure de 17 ans à Nantes dans le cadre d'une affaire remontant à 2004.
M. Iseni, père de quatre enfants, encourt la perpétuité. |

|
|
|
|
|
|

|
Le deuil
Martine : « Il y en a qui disent : 'Au bout de deux ans, la douleur doit s'apaiser'. Mais non. Cela fait toujours mal. Sophie me manque terriblement chaque jour. Évidemment, il y a des bons moments, il ne faut pas le nier, mais ces instants sont inexorablement mêlés de peine et de chagrin. Et encore, on a la chance d'être entourés de gens extraordinaires. Sophie est morte en avril, on avait prévu de se marier avec Rémi en juillet. On a honoré ce rendez-vous, mais cela a été terrible. On a respecté le plan de table préparé par Sophie, mais je peux vous dire que le jour du mariage, on a été pris d'un horrible coup de cafard sans Sophie. »
Rémi : « Faire le deuil, c'est accepter la mort. On peut accepter la disparition de ses parents parce que c'est la logique des choses. Mais là, ce qui s'est passé est inacceptable. On est dans la barbarie. Il est venu la tuer de sang-froid. »
Le procès
Martine : « Le procès, on l'attend avec impatience et on le redoute aussi. Ce sera la première fois que je verrai le meurtrier de Sophie. Ça me trotte dans la tête, je sais que le procès sera extrêmement éprouvant. Tout le mal qu'il a fait à Sophie sera évoqué, toutes les souffrances qu'elle a endurées. Vous savez, le rapport du juge d'instruction, je n'ai pas encore réussi à le lire en entier... »
Rémi : « Ce que l'on veut, c'est une vraie perpétuité, pas une peine avec 20 ans de sûreté. Je ne veux pas la mort de Ramiz Iseni, je veux qu'il soit privé de tout ce qu'il aimait : les jolies filles et le casino. »
Impossible pardon
Rémi : « Même s'il devait demander pardon, je dirais non. Un expert psychiatrique a dit que Ramiz Iseni était un être manipulateur, égocentrique et narcissique. Il a foutu nos vies en l'air, alors pardonner... La haine et le chagrin mélangés, vous savez, ça fait un sacré détonateur. La haine, ce n'est pas quelque chose de beau mais on n'y peut rien. C'est Ramiz Iseni qui l'a mise en nous. Pour nous, c'est le pire monstre qui soit sur cette Terre. »
L'image de Sophie
Martine : « Elle est en nous tout le temps. J'entends encore sa voix, toutes ses petites plaisanteries. C'est le silence dans la maison qui est difficile, ne plus entendre sa clé dans la serrure et la porte qui s'ouvre. Elle avait une personnalité incroyable. C'était une vie, une tornade. Elle était pétillante, pleine d'entrain. Elle était enfin heureuse après avoir vécu pas mal de galères. Elle avait décroché un CDI. Le soir de son embauche, elle était arrivée une bouteille de champagne à la main. Elle avait un petit copain dont elle était amoureuse et se préparait à emménager avec lui dans une maison. Elle avait acheté de la vaisselle pour cette occasion. Dans sa commode, on a retrouvé une liste de prénoms qu'elle aurait voulu donner à ses enfants... Tout le monde était heureux. D'un seul coup, ça s'est cassé la gueule. »
La vie sans Sophie
Martine : « Je vais la voir au cimetière. Parfois deux fois dans la même journée. Certaines personnes ont cru qu'on allait déménager après le drame, en raison de tous les souvenirs qu'il y a dans la maison. Mais c'est justement pour cela que l'idée de déménager était totalement exclue. C'est impossible. Sophie repose là, tout près. J'aurais l'impression de l'abandonner... »
Propos recueillis par Yan Gauchard |
|
|
|
|
|
| Jeudi 26 février 2009 : De nombreux commerçants et particuliers ont décidé de s'équiper de caméras pour tenter de prévenir les vols, les agressions et les dégradations
En avril 2007, Sophie Gravaud, 23 ans, est enlevée sur le parking où transitent un million de véhicules chaque mois. Plus de vingt heures d'enregistrements des caméras d'Atlantis sont réquisitionnées par la justice. Le meurtrier présumé est filmé dans une station-service Elf, boulevard du Tertre. « Cette vidéo ne sera pas déterminante pour l'enquête, mais permettra de confirmer des éléments », commente Me Loïc Cabioch, avocat de la maman de Sophie Gravaud.
« La caméra n'est pas une arme absolue pour prévenir la délinquance, les agressions, et faire aboutir une enquête, commente le sénateur-maire, Charles Gautier. Elles sont un élément parmi une panoplie de moyens. Nous avons dix-huit caméras à Saint-Herblain, mais aussi douze policiers municipaux, des médiateurs dans les quartiers. » L'élu assure d'une « baisse tendancielle des délits » avec sa « méthodologie ». Mais spontanément, il ne souvient plus du coût d'installation de ses caméras. Il cite le budget de fonctionnement annuel : « Un million d'euros, dans un budget municipal d'environ 80 millions. » Sa commune emploie quinze agents pour piloter ses caméras. De plus en plus de mairies pistent Saint-Herblain la pionnière. Elles s'équipent avec l'appui bienveillant de la préfecture. Pour les entreprises du secteur, le marché est porteur.
« 55 % de nos clients sont des collectivités locales, témoigne Roger Orsonneau, PDG d'une société de télécoms, TDO Atlantique. Nous nous intéressons à ce marché depuis deux ans et sommes à 300 % de croissance. La sécurité représente désormais 20 à 30 % de notre chiffre d'affaires. »
|
|
|
|
|
|
samedi 21 février 2009
Les proches de Sophie désiraient dédier un autel à sa mémoire. La demande est refusée. Tourments.
BOUGUENAIS
Une petite stèle en marbre, « discrète », dédiée à Sophie Gravaud. « Pour ne jamais oublier l'insoutenable », la mort de cette employée d'Atlantis de 23 ans, enlevée à la sortie de son travail le 7 avril 2007 et retrouvée morte, étranglée, dans un fossé à Bouguenais. Voilà le projet défendu par ses proches regroupés dans l'association le Combat de Sophie. La stèle, espéraient-ils, aurait pu trouver sa place sur les lieux mêmes de la découverte du corps. En bordure du chemin longeant la route Nantes-Pornic.
La mort dans l'âme, la ville de Bouguenais a opposé une fin de non-recevoir à ce projet, provoquant le désarroi de la famille de la défunte. « On a juste demandé l'autorisation d'ériger cette stèle mais on ne réclamait aucun financement, indique Rémi Rolland, beau-père de Sophie Gravaud. On avait simplement besoin d'un petit carré de marbre. On pensait sincèrement que ce serait possible : à Pontchâteau, une stèle est posée en dessous de la pile du pont depuis lequel deux ados ont tué un jeune de 13 ans en lançant une plaque de bitume en avril 2006. Et puis, les routes départementales sont bordées de silhouettes noires rappelant les victimes d'accidents... »
Proches et élus « secoués »
Michèle Gressus, maire de Bouguenais, comprend le tourment de la famille mais assume la position, « unanime », de son bureau municipal. « La demande qui a été déposée a fait l'objet d'un débat qui nous a tous secoués, rappelle-t-elle, avec humanité. Cela a été une douloureuse décision pour les élus. La découverte du corps de Sophie Gravaud a bouleversé la commune. Seulement, même si nous appréhendons la terrible question de la problématique du deuil, on ne peut pas créer un précédent. Quitte à passer pour des méchants. Chacun sait que l'on ne peut hiérarchiser la douleur. Dire oui une fois à une stèle, c'est inévitablement autoriser toutes les demandes. Or, nous sommes ici dans la sphère publique et non plus privée. Nous partageons la révolte de la famille de Sophie Gravaud mais le domaine public ne peut en aucun cas être « cédé » à un particulier, même à titre dérogatoire, même pour une très bonne cause. »
« Petits gestes »
La commune de Bouguenais avait déjà reçu deux requêtes similaires de familles endeuillées. « On est évidemment interpellé par ce besoin de consacrer des petits autels ou des stèles à des proches, un peu à la manière orientale. Les fleurs déposées en bord de route, bien sûr, ne posent pas de problème. On ferme les yeux sur les petits gestes qui ne demandent pas d'autorisation officielle. Mais on ne peut aller au-delà. »
Le procès de Ramiz Iseni, meurtrier-présumé de Sophie Gravaud, est prévu du 27 au 30 avril à Nantes.
|
|
|
|
|
|<< <<< 1 2 | 3 | 4 5 6 7 8 9 10 11 12 >>> >>|
|
|